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La chambre...

La chambre...

Aurélien avait écrit ce texte à l’occasion de la soirée ciné-cirque sur la Palestine, en mai dernier. L’actualité nous donne envie de le publier, à peine actualisé...

Bon alors, voilà, c’est l’histoire d’un enfant, que nous appellerons A. A est tranquille peinard dans sa chambre, il a une activité normale. Et puis ses parents débarquent. Je vous présente ses parents : sa maman s’appelle communauté, son papa international. Et ses parents lui disent : bon, A, ton cousin va venir s’installer ici, avec toi, dans ta chambre. Alors évidemment, la réaction de A « oh mais pourquoi ? Il n’y a pas d’autres chambres disponibles ? ». Ce à quoi ses parents répondent : « son arrière arrière arrière grand-père a vécu dans cette chambre il y a très longtemps, c’est donc normal qu’il veuille vivre là. Et puis, il a beaucoup souffert récemment, alors on ne peut pas lui refuser ça. Alors vous partagerez votre espace, et tout se passera bien. »
Tu parles…
Le cousin, un ado bien costaud, que nous appellerons B, débarque, la chambre est partagée. Mais très vite, le cousin exige d’avoir le côté avec la fenêtre. A proteste, mais B est plus grand et plus fort, alors il tape A. Quand A le répète à ses parents, ceux ci ont malheureusement plein d’autres trucs à faire à ce moment-là.
Puis un jour, B pique une grosse colère, et décide de prendre une plus grosse partie de la chambre : il récupère l’accès à la salle de bain et la porte d’entrée… A n’est pas d’accord, il proteste en jetant des noyaux de cerise sur B. Mais B a une batte de base-ball que Communauté et International lui ont offert, pour son anniversaire. Alors A n’a pas trop le choix. A se plaint à ses parents, mais ceux-ci traversant un moment difficile dans leur couple ne s’occupent pas trop de A. B l’empêche d’entrer et de sortir de la chambre comme il veut, d’aller chercher de l’eau à la salle de bain quand il a soif, de recevoir les copains, de dire que c’est sa chambre, de lire des livres, ben, de vivre en fait. Bon, là, les parents sont un peu obligés de réagir. Mais comme ça ne va toujours pas beaucoup mieux dans leur couple, et qu’ils ont des divergences pédagogiques, ils parviennent difficilement à se mettre d’accord sur la réaction à avoir. Après des heures et des heures de discussion en cuisine, ils vont voir B et lui disent : « hé ho, on est en colère là, hein, c’est pas très gentil ce que tu fais, alors faudrait te calmer maintenant, parce que sinon… Ha non, on avait dit qu’on disait pas sinon. Bon, voilà. »
La première fois, B répond oui oui parce qu’il a un peu peur que les parents le privent d’argent de poche, mais petit à petit, il se rend compte qu’il ne court aucun risque, alors quand les parents font les gros yeux, il se met à rigoler… Et il décide même de faire des travaux intérieurs et construit une cloison, mais pas au milieu de la chambre, hein, plutôt au milieu du lit de A… Alors là les parents lui disent « hé ho hein c’est pas bien ». B s’en fiche. B casse même la gueule à des copains de A qui avaient essayé de rentrer par la fenêtre…
Pendant ce temps là, A tombe un peu malade, il est très malheureux que personne ne s’occupe de lui. Il perd espoir de retrouver sa chambre…
Cette semaine, A a décidé d’aller voir ses parents et de leur demander très sérieusement de reconnaître que c’est aussi SA chambre. Il aurait bien voulu en parler directement avec B mais B ne veut discuter qu’à condition que A lui cède son oreiller et accepte de ne plus jamais avoir accès à l’armoire. Et puis B sait que les parents ne se montreront pas fermes. Pire, le père menace A de le priver d’argent de poche si la mère reconnaît la légitimité de sa demande.
Bon alors là, on se dit que l’histoire finit super mal, qu’il y a mieux comme message d’espoir. Mais non, l’histoire ne finit pas là et il y a même de l’espoir que les parents se montrent plus intelligents qu’ils l’annoncent. Que faire ? Quelques suggestions, vous pouvez choisir :
A ) Rien. Ils vont bien finir par s’apprécier, ces deux là. Et puis c’est pas notre problème, en fait. Ils nous ont aidé, eux, peut-être, quand les joueurs ont refusé de descendre du bus pendant la coupe du monde ?
B ) C’est bientôt l’anniversaire de B, on pourrait lui offrir une tronçonneuse, et les laisser seuls un week-end. Comme ça, le problème serait réglé une bonne fois pour toutes.
C) C’est bientôt l’anniversaire de A. On pourrait lui offrir des noyaux de cerise, voire des noyaux de pêche ou d’avocat, ce serait plus équitable.
D) On pourrait exercer une pression sur les parents pour qu’ils adoptent une attitude plus ferme à l’égard de B – tiens, il paraît qu’il y a des élections en France bientôt. On pourrait aussi essayer d’encourager tous les espoirs de paix dans cette chambre, essayer d’y contribuer en faisant ce qu’on peut faire : nous par exemple, c’est du spectacle. Il y a plein d’autres manières. Nous ferons en novembre un compte rendu public de notre séjour en Palestine. Nous espérons alors que la situation aura évolué favorablement, même si, ne le cachons pas, nous avons un peu peur que ce ne soit pas le cas au vu de l’intransigeance aveugle d’une partie des Israëliens, encouragée par l’irresponsabilité des Etats-Unis d’Obama.


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