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Juste une mise au point

Juste une mise au point

Après avoir cité du Desproges, il peut paraitre incongru de donner à cet article le même titre qu’une chanson française des années 80, qui plus est de Jackie Quartz, non ? Mais bon, c’est ça la culture en mouvements, aussi...
Hier soir, à la fin d’une nouvelle et riche journée de travail, j’ai eu envie de dire, ou de redire, certaines choses à vous qui nous lisez.

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Nous sommes tous arrivés ici avec l’envie de faire du cirque, d’aider une population en difficulté, en sachant que le contexte serait délicat. Cela nous faisait peur. Nous étions inquiets quant au risque de récupération politique, soucieux de ne pas être mêlés à des choses qui ne nous regardaient pas. Mais très vite, la plupart d’entre nous s’est sentie concernée par le problème palestinien. Tel que nous le vivons, il n-y a pas ici deux pays en guerre, mais un pays qui en occupe un autre, qui cherche à le détruire. Et nous sommes, maintenant et aujourd’hui, dans un pays qui tente de résister à son élimination avec ses propres moyens.

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L’art, comme le disait Ferré, est une arme. Nous, artistes, avons la possibilité de nous en emparer. Ici, saisir une arme revêt un tout autre sens, prend une autre dimension. Cela, nous le sentons et nous le comprenons maintenant. Notre investissement ici est lié à ce contexte, intimement, et transcendé par lui. Nous nous découvrons comme cela, et c’est magnifique. Nos égos sont restés enfermés dans les valises, notre fatigue n’est qu’un détail, nos doutes et nos questions nous font avancer. Notre investissement ne vaut pas soumission, ni adhésion. Nous gardons notre sens critique. Mais l’injustice est flagrante, criante, démesurée.Nous ne prenons pas partie, nous constatons, et réagissons à ce constat.

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Avant-hier, un jeune de 21 ans a été tué par des soldats israéliens dans un camp. Il était de la famille d’un des profs de l’école, celui qui a assisté à des massacres dans le camp de Jénine en 2002, camp dans lequel sa famille vivait après avoir été chassée de plusieurs endroits, dont leur maison ancestrale, par les Israéliens. En cherchant sur Internet, j’ai trouvé une vague dépêche AFP qui restait très floue sur les circonstances de ce drame, et pour cause, les journalistes ne sont pas là. Il y-était question de terrorisme, de Jihad islamiste. Ici, on nous dit que ce jeune a été blessé et laissé à l’agonie par des soldats qui empêchèrent la population de lui porter secours jusqu’à ce qu’il succombe. On nous dit aussi que ce jeune appartenait au hamas, un parti qui s’il est islamiste (et n’attire de ce fait pas du tout ma sympathie), n’est pas terroriste pour autant. Je ne sais pas où se situe la vérité, mais ce que j’ai vu ici me laisse imaginer que la version locale soit plausible, hélas.

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Ce que j’ai vu aussi et surtout, c’est la réaction de ce prof, tout en mesure, en investissement dans son art, en énergie dans sa pratique. Il ne voulait pas que ça se sache parmi les élèves palestiniens. Il était important, encore plus, de faire du cirque, de monter ce spectacle. Là où nous sommes actuellement, c’est ainsi qu’on répond à la violence.
Je voulais dire aussi que ce blog, s’il reflète probablement le mouvement de l’évolution de l’état d’esprit du groupe, n’est que l’expression de mon point de vue. Avant de venir, je pensais me focaliser sur la vie du groupe, le projet. Cela a vite changé. En parlant de l’expérience qu’on vit ici, je partage aussi le ressenti, les informations...

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Si j’essaie de me limiter à l’expression de mes constats, il arrive cependant que je prenne position dans ces articles. L’opinion exprimée n’engage alors que moi, pas le groupe, ni la mairie, ni le Lido. Ce qui n’empêche personne de la partager le cas échéant, ou de réagir à l’envi. Les commentaires sont aussi là pour ça. Bien sûr, en tant que responsable du contenu rédactionnel de ce site autant qu’en tant que coordinateur d’un projet qui souhaite combattre la haine et l’ignorance, je serai vigilant quant à ces commentaires. Très souvent, les articles de presse portant sur la question palestinienne sont la cible de propos racistes, contre les musulmans autant que contre les juifs, ou méprisants, à l’égard d’un peuple qui souffre, ou faisant des amalgames douteux. Puisque cet espace s’inscrit dans la démarche inverse, de tels écrits n’y trouveront aucune place.
Voilà, c’est ce que je me suis dit tard hier soir, après une longue journée de travail, conclue par une glace que nous sommes allés prendre à quelques uns au centre-ville. Il y-en a d’excellentes, j’ai succombé à celle au cheese-cake...
Je ne l’avais pas volée.

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Le matin, nous avons travaillé sur la première scène, dite scène des moutons (fameuse maintenant pour ceux qui suivent ce blog). Nous voulions y mettre de la technique acrobatique, et cela a pris tant de place qu’il n’y eut pas le temps d’aborder la part théâtrale. Un peu frustrant... L’occasion aussi de se rendre compte que le fonctionnement du groupe est vraiment dans le partage, l’association de tous aux décisions. Dès que la séance est menée de manière un peu trop dirigiste, ça marche moins bien, c’est plus compliqué.
Mais une répétition de la danse nous remit tous en ordre de marche. L’appropriation de la chorégraphie avance, même si nous ne sommes pas tous égaux devant nos corps...
L’après-midi, après des frites et des saucisses, la reprise fut délicate... Mais chaque groupe s’y remit quand-même et put présenter son numéro basé sur les techniques. La plupart des groupes ont vraiment avancé, et ça commence à sérieusement prendre forme. Seul le groupe d’acrobatie, plus nombreux, galérait un peu. Nous avons donc décidé de réunir ce groupe après manger et de mettre les choses à plat, ce qui fut fait avec succès. Nous verrons demain si ça porte ses fruits sur la piste. Le soir, après manger, quelques acharnés faisaient encore un peu de recherche en passing ou sur d’autres techniques. Pendant ce temps là, nous nous réunissions pour essayer de mettre en forme le spectacle. Un ordre des numéros (nous en avons 7 pour l’instant, plus pas mal de petites choses), ainsi qu’une histoire globale du spectacle, déclinée à travers chacun de ces moments que nous travaillons depuis plusieurs jours, a émergé. Nous la présenterons demain au groupe. Et je vous en parlerai par la même occasion...

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