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Jérusalem, dernière

Jérusalem, dernière

Malgré un coucher très tardif, tout le monde est à peu près à l’heure (matinale) pour le chargement. Les Palestiniens sont particulièrement motivés : beaucoup d’entre eux se rendent à Jérusalem pour la première fois, la plupart n’y sont allés qu’une ou deux fois.

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Pourtant, le départ est un moment difficile. Nous laissons notre ami à qui les autorités israéliennes ont interdit l’accès à Jérusalem. C’est Israël qui agit, et c’est nous qui nous sentons coupables.
Dans le bus, ça chante moins que d’habitude, du moins jusqu’au check-point de Kalandia. Les plus petits sont passés à un autre check-point, plus éloigné mais aussi plus facile. Dans le groupe de Kalandia, il y-a les trois personnes dont le nom est mal écrit. Mais finalement, tout le monde passe, et c’est le soulagement, même si Nayef ne peut cacher son émotion lorsqu’il lit "bienvenue en Israël" sur le mur du check-point, humiliation gratuite et illégale.

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Les chants atteignent une intensité fantastique lorsque nous arrivons à Jérusalem, puis se calment pendant le déchargement, jusqu’à ce qu’une patrouille de soldats israéliens vienne observer notre action.
Derrière nous, il y-a un panneau indiquant le nom de la rue : c’est celui d’un général israélien, dont il est précisé qu’il a "libéré la ville en 1967". C’est immonde, nous sommes pourtant à Jérusalem Est, reconnu internationalement comme part de l’autorité palestinienne. Mais l’humiliation fait partie de la stratégie israélienne.

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Enfin... nous chargeons ce que nous pouvons dans la benne d’un petit tracteur et montons les énormes pièces de métal de la structure aérienne à la force des bras et des épaules en haut de la colline sur laquelle nous allons jouer. Traverser Jérusalem ainsi n’est pas sans évoquer une image biblique assez célèbre, non ?

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Nous insistons plusieurs fois pour que les Palestiniens partent visiter Jérusalem, notamment l’esplanade des mosquées, lieu saint de l’Islam. Mais ils refusent de partir tant que nous n’avons pas installé. Ce n’est que quand je les menace de nous mettre en grève dans les cinq minutes qu’ils acceptent de profiter un peu de l’avant-spectacle.
Nous perdons beaucoup de temps à attendre les clés du terrain de foot où nous devons jouer. Il fait en outre un soleil de plomb qui aura au moins le mérite de nous donner quelques couleurs, malheureusement virant vers le rouge chez certains.

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Mais bon, nous finissons d’installer dans l’urgence lorsqu’on nous annonce que le spectacle doit commencer à l’heure précise, donc en plein soleil et dans une demi-heure. Ce n’est ni l’habitude palestinienne, ni raisonnable en raison de la météo, mais nous comprendrons après que des jeunes ont un entrainement de foot sur le terrain à la fin du spectacle...
Juste avant que ça commence, une demi douzaine d’étudiants en deuxième année du lido arrivent. Ils jouaient en Israël et repartent le soir même, mais ils voulaient nous voir. Ca rajoute encore de l’émotion.

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Nous avons décidé de changer le début : lorsque Andréa essaie de partir et qu’elle st entravée, c’est pour rejoindre notre ami contraint de rester en Palestine. Elle crie son nom autant qu’elle peut, le cherche, l’appelle, mais il n’est pas là... Nous sommes tous émus.
Mais le reste du spectacle se déroule moins bien. Nous n’avons pas pu nous échauffer ensemble, nous sommes fatigués, il fait beaucoup trop chaud. Le rythme est moins bon, les techniques souvent ratées, et nous mêmes à la musique sommes catastrophiques. Trop de changements à gérer dans l’urgence. Le numéro de jonglage, très drôle, basé sur la présentation d’un robot, fonctionne cependant très bien. Mais la fin achève le spectacle : alors que la pyramide finale se met en place, quelqu’un perd connaissance dans le public, et nous sommes obligés d’interrompre le mouvement pour le reprendre quelques minutes plus tard.
Certes, nous sommes un peu déçus, mais l’essentiel est tellement ailleurs... Nous avons joué à Jérusalem.

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L’organisation du festival nous offre le restaurant pour finir, puis nous nous échappons pour nous promener ensemble en ville : les Palestiniens ont jusqu’à 22h pour se rendre en Cisjordanie, et c’est effectivement l’heure à laquelle nous repasserons le check-point. Meropi, la seule Jérusalémite du groupe, nous emmène dans le quartier chrétien et ses petites ruelles désertées par les touristes et totalement hors du temps. Nous passons même rendre visite à ses grands-parents, l’occasion de visiter une vieille maison qui ressemble à un fuselage d’avion... Nous passons au retour par Jérusalem Ouest, et constatons la différence flagrante entre les deux parties : la municipalité, unique et israélienne, a clairement choisi dans quelle partie de la ville elle dépense l’argent, récolté quant à lui auprès de toute la population...

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Au retour, nous nous arrêtons pour prendre une dernière glace. Chacun est déjà dans sa bulle, et gère la tristesse, immense, comme il peut.
Sur le toit de l’école, on voit les lumières d’une ville, entre deux collines. Cette ville, c’est Tel Aviv. Nous passerons par là demain pour rentrer. En attendant, le brouillard tombe sur Ramallah.

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