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Faire le mur pour foutre le camp

Faire le mur pour foutre le camp

Ce matin, accompagné de Milan, j’ai fait le mur et foutu le camp pendant que nos camarades ne commençaient leur journée qu’à 11h, histoire de bénéficier d’un rab de deux heures de sommeil bien mérité au vu des efforts fournis jusqu’à présent. Avec Jessika, nous sommes partis assister à la représentation d’un spectacle de quatre étudiants palestiniens de niveau avancé à Bethléem. Et bien Bethléem, ce n’est pas ce que vous croyez. Ça ne l’est plus, en tout cas.
Le spectacle était donné dans le cadre d’une conférence organisée par une ONG suédoise, consacrée aux Palestiniens détenus en Israël.

Si je n’ai pas tout saisi des discours en arabe (...), le cadre suffisait pour me toucher :

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au pied du mur, dans un camp de réfugiés. Le mur est immense, peint, décoré, plein de messages d’espoir et d’appels à la justice, écrits par des Palestiniens ou des étrangers. Au checkpoint entre Jérusalem et Béthléhem, une seule affiche israélienne : "Jérusalem - Bethléem love and peace". Difficile de ne pas y voir d’ironie tant les barbelés, fusils et chevaux de frise évoquent peu l’amour et la paix.
La camp, administré par l’ONU, semble calme.

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Mais les enfants qui se précipitent pour chiper les boissons et les snacks offerts aux invités de la conférence nous rappellent l’extrême pauvreté de ses habitants.
En montant sur un toit, nous voyons l’autre côté du mur, les colonies israéliennes, les champs d’oliviers auxquels leurs propriétaires palestiniens n’ont plus accès, son tracé pour le moins étrange qui coince des maisons palestiniennes entre deux de ses pans... Plus loin, le mur forme un carré : c’est la tombe de Rachel...

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Le spectacle des jeunes est plein d’entrain, de fraicheur, malgré les difficiles conditions météo (jouer à 11h30 en plein soleil, ici, c’est vraiment un exploit). Le groupe du lido aura l’occasion de voir le spectacle le 17.
Au retour, nous remontons vers le nord, et Jérusalem Est (côté en théorie palestinien) se trouve à notre gauche, tandis qu’à notre droite, on voit à l’absence de citernes noires sur le toit (et donc à l’accès permanent en eau courante) qu’il s’agit de Jérusalem Ouest. Heu, c’est normal, Docteur ?
Puis nous voyons passer une rame de tramway, en essai sur la ligne qui n’est pas encore ouverte, et qui permettra aux colons de rejoindre Jérusalem ouest sans passer par les territoires palestiniens. Ce tram ne nous est pas étranger, et pour cause, c’est le même modèle qu’à Toulouse... Normal, c’est un consortium réunissant notamment les Français Véolia et Alstom qui a eu le marché...

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Pendant ce temps-là, et toute la journée, les ateliers d’aujourd’hui sont un peu différents : seulement deux activités, sur lesquelles tout le monde passe en demi-groupe, le matin ou l’après-midi. Dans le premier, on travaille les accro-portés. Il a été décidé de privilégier le travail sur le long terme, les techniques qui demanderont à être pratiquées régulièrement pour porter leurs résultats.

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Dans l’autre, une initiation à la danse contemporaine qui semble plaire autant que surprendre. On verra ce que ça donne dans l’optique du spectacle. Le spectacle... Les lidotiens savent qu’ils doivent s’attendre à rompre avec leurs habitudes. Ce sont deux cultures de cirque qui vont se confronter, et j’ai le sentiment que ce sera constructif.
Ce sentiment est d’ailleurs renforcé par la réunion que nous avons tenue tous ensemble. La motivation est à son comble, et le compromis, mot si difficile par ici, s’applique simplement, en toutes choses, sans que le moins l’emporte.

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Nous vivons vraiment une expérience unique dans ce sens, et je crois que nous pouvons affirmer, contrairement à ce qui nous avait été promis, que oui, là, maintenant, nous changeons le monde, à notre échelle.
Le soir, tout le Ramallah branché est là où nous nous rendons pour assister au concert magnifique d’une chanteuse jordanienne, suivi d’une démonstration de danse populaire palestinienne très spectaculaire. Tout a coup, loin du cirque et des problèmes politiques, nous profitons de la fraicheur d’une soirée culturelle. Un peu de détente, ce n’est pas de refus, surtout que demain, nous allons à Hebron, et que ça promet d’être dur...


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